MARANTZ

Saul B MARANTZ, un grand nom de la HiFi !

Saul B MARANTZ est né le 11 juillet 1911 à New York et est mort le 17 janvier 1997 dans sa 86ème année.
Jeune, il se découvre rapidement un net penchant pour la technologie, mais les choses étant ce qu’elles sont, après des études écourtées, et quelques petits boulots, il suit finalement un cursus en arts graphiques.
Malgré un penchant certain, il était autodidacte dans le domaine de l’électronique et n’avait aucune formation particulière.
Saul B. MARANTZ était avant tout un designer avec une formation en arts graphiques. Il était également porté vers la photographie et s’intéressait aussi à la musique. C’est à l’occasion de ses études de guitare classique qu’il rencontre A. SEGOVIA avec lequel il entretiendra des relations amicales.

Sa première incursion dans le monde de l’audio consistera à déposer l’autoradio de sa voiture MERCURY année 40 pour le transformer en radio domestique et écouter de la musique à la maison.
Il a alors conçu un adaptateur afin de rendre l’autoradio exploitable dans son environnement domestique.
Dans les années 50, la lecture de disque était une vraie galère ! A qui la faute ?
Aux nombreuses courbes d’égalisation utilisées par les maisons de disques alors que les appareils de reproduction ne disposaient d’aucun étage adapté.
En effet, en 1948 au tout début du microsillon, chaque fabricant de disque disposait de sa propre courbe de préaccentuation. Ecouter des disques “correctement” et tenter de se rapprocher du son original était donc une tâche complexe, voire insurmontable, du fait d’un matériel inadapté.
La haute-fidélité naissante et le tout nouveau microsillon ont mis en évidence le besoin d’utiliser des appareils électroacoustiques mieux adaptés à une reproduction sonore de qualité. Le désordre durera encore quelques années avant que l’AES n’adopte la courbe RIAA qui deviendra la courbe de préaccentuation/désaccentuation standard dans le domaine du disque.
Mélomane insatisfait, il est déçu par la lecture des disques vinyles et pense qu’il y a quelque chose à faire. C’est là que MARANTZ trouve alors sa vocation : fabriquer du matériel électroacoustique pour servir la Haute Fidélité naissante.
Il décide alors de prendre les choses en main et de réaliser un appareil destiné à permettre la reproduction des disques dans les meilleures conditions.
Lorsque MARANTZ présenta son appareil révolutionnaire qui comportait de nombreuses courbes d’égalisation susceptibles de reproduire, dans les meilleures conditions et avec fidélité, la majorité des disques du commerce, les demandes affluèrent. Il fallait donc faire quelque chose.
Sa femme Jean l’encouragea à réaliser une série de 100 pièces histoire de voir… C’est ainsi qu’en 1952 MARANTZ commença à assembler, dans sa cave, un appareil multi-courbes adapté à la lecture des disques : l’Audio “Consolette”. On ne parlait pas encore de “préampli phono”.
Les 100 premières “Consolette” furent vendues rapidement et il s’avéra que le magasin de Manhattan, qui écoulait les produits MARANTZ, avait enregistré quelques 500 commandes non satisfaites en “back order”.
C’est cette expérience qui poussera Saul B. MARANTZ à devenir entrepreneur.
Il crée la compagnie MARANTZ en 1953 et installe son unité de fabrication à WOODSIDE pour fabriquer l’Audio “Consolette”.
Si MARANTZ s’est mis à fabriquer du matériel électroacoustique, c’est parce qu’il avait mis au point un appareil de qualité supérieure à ceux qu’on trouvait dans le commerce.

MARANTZ était un visionnaire et un perfectionniste.
Dès le début, il comprit que le design serait l’élément décisif qui permettrait aux équipements électroniques de quitter les “garages”, où ils étaient nés et fabriqués, pour conquérir les livings room.
A ses yeux, le design était aussi important que les performances, il souhaitait que ses équipements soient beaux, d’un joli design et d’excellente qualité. Pour Saul B. MARANTZ la notion de coût passait en second plan. Bien entendu, cette “philosophie” allait à l’encontre des lois les plus basiques du commerce.
Il est secondé dans un premier temps par Sidney SMITH, fraichement débarqué de Chicago qui cherchait du travail et était animé par la même obsession de qualité.
SMITH était ingénieur et en mettant à profit ses connaissances, il apporta des modifications significatives à la “Consolette” afin de réduire le niveau de bruit dont souffraient les premières unités.

Le premier modèle commercial qui succédera à la “Consolette” sera le préamplificateur Model 1 qui sortit en 1954. Le Model 1 était novateur à plus d’un titre. Il intégrait la toute nouvelle courbe RIAA pour lecture de disque, disposait d’un commutateur de monitoring pour magnétophone et d’une entrée intitulée : TV.
L’ampli Model 2, largement imputable à Sidney SMITH, suivit en 1956. Il tirait parti du tube EL 34 en configuration push pull ultra linéaire et proposait 40W en pentode et 20W en mode triode.
Le Model 3 est un filtre actif pour multi-amplification.
Avec l’arrivée de la stéréophonie en 1958, MARANTZ sortit l’adaptateur Model 6 qui permettait de coupler 2 préamplis Model 1 en configuration stéréophonique.
C’est également en 1958 que, l’atelier de WOODSIDE s’avérant trop petit, l’unité de fabrication est déplacée à Long Island.
Fin 1958 le préampli Model 7 voit le jour. Ce fut un succès planétaire.
Quelques 130 000 préamplis Model 7 furent vendus à travers le monde. C’est le premier “préampli moderne” avec une configuration bien différente des autres préamplis de l’époque.
La face avant champagne du Model 7 et l’implantation des commandes sont un bel exemple de design et d’équilibre qui ne sacrifie en rien l’ergonomie.
En 1959 c’est la sortie de l’amplificateur stéréophonique Model 8 de 2 x 30W.
En 1960 MARANTZ sort le Model 9, un ampli mono de 70W. Contrairement aux précédents amplificateurs, le Model 9 est un appareil design, doté d’une face avant, qui a sa place au salon et n’est plus destiné à être caché comme les précédents amplificateurs de la marque.
En 1961 le Model 8B, qui apporte quelques améliorations, succède au Model 8 sorti en 59.
A cette époque, MARANTZ ne fabrique pas de tuner. Les premiers récepteurs de la marque, avant 1964, étaient des tuners SCOTT ou FISHER avec un habillage MARANTZ.
Richard SEQUERRA rejoint l’équipe MARANTZ en 1961 avec comme mission la création d’un tuner intégralement MARANTZ. Ce sera le Model 10 qui sortira en 1964 et sera considéré comme la quintessence de la réception FM. Le Model 10 B qui solutionne quelques problèmes de jeunesse et améliore la fiabilité lui succédera rapidement.
La prestigieuse chaine MARANTZ était maintenant complète, com-posée du préampli Model 7, d’une paire d’ampli Model 9 et du tuner 10B.
Le Model 10B contribuera grandement à la renommée MARANTZ, mais malheureusement, le Tuner Model 10B revient cher et est coûteux à fabriquer.
Ajouter à cela que les 3 années de développement de l’appareil avaient coûté beaucoup d’argent et de plus, du fait de son prix, il était vendu à perte… MARANTZ dira plus tard : à chaque fois que je vendais un tuner 10B c’était comme si je faisais un chèque à l’acheteur !
Saul B MARANTZ reconnaitra que le développement du Tuner 10 B avait de beaucoup dépassé les capacités de financement de son entreprise… mais quel beau produit !
Bref, ce n’était plus possible, le Model 10B avait signé la perte de MA-RANTZ il fallut vendre la société.

En 1964 la société MARANTZ est cédée à SUPERSCOPE qui déménage l’usine en Californie. Saul B MARANTZ restera président jusqu’en 1968, date à laquelle il quitte la compagnie.
En 1965, le Model 7T, préampli à transistors, voit le jour, suivit l’année d’après de l’ampli Model 15 également à transistors.
A partir de 1966, à l’instigation de SUPERSCOPE qui pensait pouvoir faire fabriquer à moindre coût les modèles de grande diffusion au Japon, de nombreux produits, conçus aux Etats Unis, sont fabriqués au Japon par Standard Radio.
SUPERSCOPE prend une participation de 50% dans Standard Radio Japan qui prendra plus tard le nom de MARANTZ JAPAN.
Sous la présidence de Saul B. MARANTZ, les unités haut de gamme étaient toujours fabriquées en Californie.
Dès l’apparition des transistors, au début des années 60, la firme MARANTZ s’est intéressée à cette technologie. C’est grâce à la technologie transistor, que l’on peut fabriquer des appareils tout en un. Le célèbre ampli préampli tuner Model 18 verra le jour en 1968 et sera le premier d’une longue lignée.

En 1978, Ken ISHIWATA qui a quitté PIONEER rejoint MARANTZ.
Dans un premier temps il est envoyé en Europe en tant que Technical Co-Ordinator, et deux années plus tard il est nommé Product Development Manager. Il présidera aux “créations” MARANTZ pendant 35 ans.
En 1980 SUPERSCOPE cède à PHILIPS ses parts dans MARANTZ JAPAN.
ISHIWATA, qui était un homme de culture analogique, se mit au numérique quand PHILIPS lança les premiers lecteurs de CD en 1983.
Saul B. MARANTZ lui dira, j’ai fait ce que j’ai pu pour la lecture du vinyle à vous de faire le nécessaire pour le CD, le fondateur lui avait officiellement transmis le flambeau.
En 2002, MARANTZ fusionne avec DENON pour former le groupe D&M Holdings, puis finalement PHILIPS se désengage complètement de la destinée MARANTZ.

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Le premier "appareil" MARANTZ fabriqué à la main dans sa cave et réalisé en 400 exemplaires.
L’audio “Consolette” (1952).


Le préampli Model 1 (1954).

Le préampli Model 7 (1958).


L’amplificateur Model 9 - 70W mono (1960).


Le Tuner Model 10/10B (1964).